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Pascal Feindoudo ne regrette pas d'être parti au Qatar

Il y a presque 10 ans de cela jour pour jour, la France entière découvrait, avec bonheur pour certains, malheur pour d’autres, un certain Pascal Feindouno. Jeté dans le grand bain par Élie Baup avec Bordeaux lors du match décisif pour l’attribution du titre face au PSG, l’attaquant guinéen marquait le but victorieux qui a fait chavirer tous les supporters girondins. À 18 ans seulement, Feindouno avait de l’or entre ses pieds. Devenu l’un des joueurs phares de la Ligue 1 avec le club au scapulaire puis avec l’AS Saint-Étienne, entrecoupé d’une escale à Lorient, le Guinéen a souvent régalé les spectateurs de gestes techniques magistraux, qui excusaient facilement ses coups de fatigue, hivernaux la plupart du temps. Après 5 années passées dans le Forez, ce technicien hors pair cédait aux sirènes qataries, tout comme son club (transfert évalué à 7 M€), et rejoignait Al-Saad. Huit mois après son départ, Footmercato a voulu en savoir plus sur la nouvelle vie du Guinéen, sur ses ambitions, son avenir, mais aussi obtenir son avis sur la mauvaise passe de son ancienne équipe.

 

Footmercato : Comment se passe votre séjour au Qatar ?

Pascal Feindouno : Très très bien. On a fini deuxièmes du championnat avec Al Saad. Et il reste la Coupe à jouer.

FM : Combien de buts avez-vous marqués ?

PF : Je ne sais pas. Douze ou treize buts.

FM : Était-ce difficile de s’adapter au football et à la vie là-bas ?

PF : Non, au football, il n’y avait pas de problèmes, mais à la vie oui. Dans un premier temps, quand tu ne connais personne, c’est un peu difficile. Mais là maintenant ça va, je suis qatari désormais.

FM : Comment situez-vous le niveau du championnat qatari ?

PF : Le niveau n’est pas faible. Il est quand même bon malgré tout, mais ce n’est pas comme la Ligue 1 en France.

FM : Et en terme d’entraînements ?

PF : Les entraînements sont bien, car il n’y a que des entraîneurs étrangers. Il n’y a aucun entraîneur qatari.

FM : Vous n’avez pas trop été dépaysé par la culture du pays ?

PF : Non, je m’adapte. Cela s’est toujours bien passé. Ici, avant l’entraînement, il faut attendre quelques minutes, le temps que les joueurs finissent de prier et après on commence l’entraînement.

FM : Mis à part la prière, quelles sont les autres choses qui vous ont étonné là-bas ?

PF : Ici il n’y a que des belles choses. Tout est neuf. C’est tranquille, ce n’est pas comme la France. Il n’y a pas de danger ici. C’est calme. C’est easy comme ils disent (rires).

FM : Êtes-vous épanoui là-bas ?

PF : Oui. Franchement ça va, je suis content.

FM : Aucun regret d’être parti au Qatar donc ?

PF : Non, je ne regrette pas, franchement.

FM : Et financièrement, l’affaire est toujours belle ?

PF : Oui, j’ai un peu d’argent quand même, ça va (rires).

FM : Vous suivez toujours les résultats de la Ligue 1 ?

PF : Oui, je les suis un peu. On a les chaînes ici. Ça passe sur Al-Jazeera.

FM : La situation de Saint-Étienne vous attriste-t-elle ?

PF : Ça va mal, mais le dernier match, ils ont gagné contre Lille. Ils commencent à se réveiller. Pourquoi ils ne jouent pas comme ça tous les matchs ?

FM : Vous avez vécu le début de saison avec les Verts. Comment expliquez-vous qu’ils en soient à se battre pour le maintien ?

PF : Je ne sais pas. C’est la même équipe de toute façon. Je ne peux pas dire ce qui ne va pas. Ne me dites pas que c’est mon départ ou celui d’autres qui expliquent cela.

FM : Êtes-vous persuadé que votre départ n’a rien changé pour eux ?

PF : Écoutez, il faut qu’ils jouent aussi sans moi. C’est le football c’est comme ça. Moi je joue sans eux, je m’adapte ici, donc ça va.

FM : Personne n’a pu prendre votre succession de leader technique.

PF : Il y en a d’autres qui peuvent assumer ce statut. Il faut leur demander.

FM : Laurent Roussey a-t-il sa part de responsabilité dans l’échec stéphanois ?

PF : Être entraîneur c’est difficile. Quand ça va, on ne pense pas à l’entraîneur, on ne le calcule pas. Mais quand ça ne va pas, tout tombe sur sa tête.

FM : Cela a dû vous surprendre qu’après un début de saison pas vraiment inquiétant, Saint-Étienne ait plongé au classement.

PF : Oui, cela me surprend un peu. Et après je me dis, bon, c’est le football.

FM : Que vous disent vos anciens coéquipiers ?

PF : On parle de football de temps en temps, et puis je dis, allez on oublie ça.

FM : Il y a quelques mois, vous disiez que Gomis aurait dû quitter le club...

PF : C’est vrai, je lui ai dit ça. Je ne le cache pas. Quand il voyait que ça n’allait plus, il pouvait demander au club de changer, de partir, de faire quelque chose. Quand ça ne va pas, tu te poses des questions. Moi ça me fait mal qu’on le siffle. Avec tout ce qu’il a fait pour l’équipe et pour le club. Peut-être pour moi, c’est mieux qu’il parte. Maintenant, il doit finir la saison et voir ensuite ce qui se passe.

FM : Dans quel état d’esprit se trouvait-il ?

PF : Lui ne savait pas trop. Il est jeune, mais on dit souvent que le football n’a pas d’âge... Moi j’ai plus d’expérience que Bafé. Il y a trois ans, j’avais le même problème. J’étais sifflé. J’ai accepté les critiques. J’ai serré les coudes et j’ai continué. Après les gens criaient « Feindouno Feindouno Feindouno ». Ce sont les mêmes personnes qui me sifflaient puis qui m’applaudissaient. Comme j’ai l’expérience, je sais qu’il faut faire avec.

FM : Quelle est la meilleure solution pour lui selon vous ?

PF : Moi je lui ai toujours dit : « Baf écoute moi très bien, aujourd’hui, c’est comme ça, demain cela aura changé. N’écoute personne, joue ton football. Fais de bons matches, rentre chez toi et tu fais ce que tu veux ».

FM : Contrairement à Saint-Étienne, votre ancien club Bordeaux est lui sur le devant de la scène. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

PF : Cela me fait plaisir. J’ai gardé de bons contacts avec Bordeaux. Partout où tu passes de bons moments, c’est obligé !

FM : Élie Baup dit que cette situation lui rappelle le titre de 99. Êtes-vous d’accord ? Pensez-vous que Bordeaux peut-être champion ?

PF : Oui, Bordeaux peut être champion, car ils ont tout cette saison. Mais je n’ai pas de favoris. Je ne joue plus en France. Je voulais voir Saint-Étienne champion.

FM : La France ne vous manque pas ?

PF : La France me manque, mais pas pour jouer, pas pour le football.

FM : Quand s’achève votre contrat ?

PF : J’ai signé 3 ans. Là il me reste deux ans. Ça passe vite ! Le temps, c’est de l’argent !

FM : Vous êtes un joueur particulièrement apprécié dans l’Hexagone. Est-ce qu’un retour serait possible cet été ?

PF : Je ne sais pas. S’ils me payent en net je veux bien ! (rires). Il faut toujours chercher l’argent même si tu en as. L’argent attire l’argent.

FM : Allez-vous rester au Qatar jusqu’au terme de votre contrat ?

PF : Je ne sais pas. Tu peux signer dix ans et partir avant. Il me reste deux ans, mais je ne peux vraiment pas dire où je serai d’ici là.

FM : Imaginons que l’un des quatre premiers de la Ligue 1 vous propose un bon salaire et surtout un bon challenge sportif...

PF : Les 4 premiers là, s’ils me proposent un bon contrat, il faut que ça soit plus que le salaire d’Al-Saad, sinon je ne viens pas. Pourquoi irais-je dans un endroit où je gagne moins ? Moi j’ai le football encore dans les jambes. J’entends parler des gens qui disent que Pascal est allé se cacher là-bas au Qatar. Non, non, on ne perd pas son football. Je suis international encore, je n’ai pas raccroché ! Je sais que je peux jouer dans de grandes équipes, mais si je n’ai pas l’occasion, je ne vais pas prendre l’avion et me présenter à eux. À chaque fois, à Saint-Étienne, il y avait de grands clubs sur moi, ils n’ont jamais voulu me laisser partir. Je ne vais pas les tuer pour aller là-bas. Je suis sous contrat, je ne peux pas ! Chaque chose en son temps. Mon temps va peut-être arriver pour aller dans un grand club. Il faut toujours croire, il faut espérer.

FM : Partir au Qatar, c’est prendre le risque d’être oublié, non ?

PF : Non ! Moi je sais qu’ils ne m’ont pas oublié. Il y a la télé partout. Même si tu joues dans ton salon, il y a quelqu’un qui te regarde au plafond ! C’est la vérité.

FM : Des clubs sont venus se renseigner à votre sujet ?

PF : Je ne sais pas, je ne suis pas au courant. Peut-être mon agent, mais il ne me le dira pas. Il ne veut pas que cela me monte à la tête.

FM : À l’heure actuelle, quel club pourrait vous faire revenir en France s’il vous offrait le salaire souhaité ?

PF : Je ne sais pas... Même si c’est Grenoble, je viens !

Source : FootMercato

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com