Hervé Revelli : "Le derby, c'était la fête"

M. Revelli, tout d?abord, comment se déroule votre nouvelle aventure du côté de Toulouse Fontaines (ndlr : l?équipe fanion évolue en CFA 2) ?
C?est un plus pour moi après les différentes expériences que j?ai pu connaitre dans le milieu du football. Je suis actuellement manager général et je découvre une autre facette du métier qui est, à mon avis, très intéressante. J?ai un travail administratif à réaliser en plus du sportif où je m?occupe de tout ce qui est lié au recrutement. Nous avons fait beaucoup de recrues à l?intersaison et comme dans le monde professionnel, il faut du temps pour que la mayonnaise prenne car il y a un toujours un décalage. Néanmoins, l?équipe dispose de très bons éléments.

Pourquoi avoir choisi ce club en particulier?
(Il coupe). Pourquoi untel va à Nice ou un autre à Monaco ? C?est ainsi. Nous sommes tous des professionnels et il faut faire des choix de carrière. Dans ce club de Toulouse Fontaines, j?avais l?assurance d?avoir un double challenge très intéressant. Tout d?abord celui de faire monter l?équipe fanion en CFA ainsi que de découvrir tout ce côté administratif.

Avant de parler de vos souvenirs sous le maillot stéphanois, on vous suppose toujours attaché à l?AS Saint-Etienne. Quel regard portez-vous sur la situation difficile que vit le club ?
Je me tiens régulièrement au courant de ce qu?il se passe là-bas. La situation est vraiment compliquée avec Laurent Roussey. Je l?ai bien connu lorsqu?il était au centre et je peux vous dire que c?est quelqu?un de très droit. Les deux présidents veulent lui mettre un adjoint. Lui a dit qu?il n?en voulait pas. Attention à ne pas faire n?importe quoi ! Le club voulait de la stabilité, mais pour l?instant ce n?est pas ça? Je ne pense pas que l?ASSE ait besoin d?une révolution. Il faut avoir conscience que ce n?est pas non plus n?importe quel club en France. Aussi, j?ai vu le match des Verts à Valenciennes, c?était vraiment très triste. Certains ont parlé des joueurs partis à la CAN, mais ce sont des choses qui se prévoient à l?avance?



À la fin du mois de janvier, les Verts reçoivent l?Olympique Lyonnais pour le derby. Comment ressentiez-vous, à titre personnel, ces confrontations face au rival ?
 À notre époque, c?était la fête. On s?y préparait au moins quinze jours à l?avance. La télévision locale, la presse? Tout était embelli pour ces matches face à Lyon. Ce n?était pas la même pression comme on peut ressentir maintenant. Par ailleurs, je n?ai jamais perdu de derby, donc je n?ai que des bons souvenirs (rires). C?était fabuleux. Quand j?y repense, plein d?anecdotes me reviennent. Lors de la saison 1966-1967, je me souviens que Lyon était venu à Geoffroy-Guichard et avait joué à dix derrière et un seul joueur devant. Jean Snella, notre entraîneur de l?époque, avait déclaré : « Ils ont fait la carotte ! ». Et au match retour à Gerland, lorsque nous sommes entrés sur le terrain, les supporters lyonnais nous ont jeté des carottes (rires). C?était bon enfant.

Pourtant, lors des années 70, la tension entre les deux clubs était à son « paroxysme » notamment avec certaines déclarations de Raymond Domenech et son accueil reçu à Geoffroy-Guichard par des « Domenech assassin ! »?

 C?est Raymond ! (rires). Il n?a jamais cessé d?allumer à droite, à gauche. Je l?ai côtoyé en équipe de France. Aujourd?hui, il est encore le même. C?est vrai que ces déclarations pouvaient agacer les supporters, mais, me concernant, je n?y prêtais vraiment pas attention. Cela fait partie du personnage !

Bien que vous n?êtes pas natif de la région stéphanoise, compreniez-vous toute cette attente autour de ce derby et notamment celle des supporters ?
Oui et puis, même si je ne suis pas né à Saint- Etienne, j?y suis arrivé à l?âge de 16 ans donc je me sentais stéphanois. J?avais connu les derbys du Sud notamment entre Marseille et Nice, mais là cela n?avait rien à voir. Avant chaque rencontre contre Lyon, les supporters nous disaient : « Faites ce que vous voulez le reste de la saison, mais ne perdez pas ce match ! » (rires). Et puis, il y avait aussi cette différence où nous étions les travailleurs et les Lyonnais plutôt les riches (sic).

Parmi tous les derbys que vous avez disputés, lequel restera comme étant le plus beau souvenir ?
Lors de la saison 1969-1970, on avait un match très important face au Bayern Munich où l?on gagne 3 à 0 à Geoffroy-Guichard. C?était trois jours avant de disputer un derby à Gerland et les joueurs lyonnais étaient persuadés que l?on allait être fatigué et qu?ils nous mettraient une raclée. Au final, on gagne 7 à 1 chez eux. Ce jour-là, on s?était vraiment fait plaisir. J?avais marqué deux buts tout comme Salif (Keita,ndlr).

 Et le moins bon ?
Comment je vous l?ai dit plus haut, je n?ai jamais perdu contre Lyon, donc difficile de choisir le moins bon. Peut-être les fois où nous faisions match nul (rires)?

Vous avez marqué onze buts face à l?Olympique Lyonnais ce qui fait de vous le meilleur buteur de l?histoire des derbys si l?on prend en compte uniquement les matches de championnat. Etait-ce différent de marquer face à Lyon plutôt qu?une autre équipe ?
Oui car quand tu marquais contre Lyon, tu faisais plus plaisir à tous les Stéphanois que lorsque tu marques contre une autre équipe. J?aimais bien entendre dire : « Hervé Revelli a marqué contre Lyon. C?est formidable ».

Pour finir, lequel de ces onze buts vous a le plus marqué ?
Question difficile car je ne me souviens pas de tous. En tout cas, on ne peut pas dire que c?étaient de beaux buts car je marquais rarement de façon spectaculaire même si je pensais qu?un but était toujours joli (rires). Je n?étais pas adepte des tirs de 25 mètres. Mon rayon d?action était plutôt dans les 18 mètres. Dans la surface, j?étais présent !

Actufoot42
Edition janvier 2008


La fiche d'Hervé Revelli

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com


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