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David Guion : "Fournir des jeunes de notre centre à l'équipe Pro est notre job"

David Guion

David Guion

Finaliste de la Gambardella en 2014, Reims est devenu champion de France U19 en mai dernier et peut compter sur de plus en plus de jeunes formés au club en équipe première, à l’image de Jordan Siebatcheu et Gejohn Kyei. David Guion, directeur du centre de formation du club champenois, explique à FootU21 la méthode de ce succès.

Comment peut-on expliquer les bons résultats des équipes de jeune du Stade de Reims ?

C’est d’abord un travail d’équipe. Ça commence à travers le travail des éducateurs de l’école de football jusqu’à ceux du centre de formation, qui œuvrent au quotidien pour mettre en place un climat de confiance, de plaisir, de rigueur et d’exigence. C’est aussi un travail de notre recrutement et de notre détection, car beaucoup de garçons arrivent en pré-formation et ont été repérés au niveau local. Tout ce cocktail permet d’avoir ces derniers temps des résultats prometteurs.

La finale de la Gambardella et le titre de champion de France U19 étaient-ils des objectifs que vous vous étiez fixé, ou ces résultats vous ont surpris ?

En toute sincérité, on ne programme pas ça en début de saison chez les jeunes. On sait très bien qu’on a quelques joueurs qui sont intéressants et peuvent emmener les autres loin, mais on en sait pas où ça peut nous mener. Pour le groupe champion de France, on a été étonné de rester invaincu jusqu’au mois de mars en Championnat. Les garçons se sont piqués au jeu au fur et à mesure des matches et ils ont surtout été très performants en demi-finale contre Lille et en finale contre Nantes.

Vous évoquiez le recrutement des jeunes. Est-ce compliqué pour Reims de convaincre des joueurs peut-être courtisés par des clubs plus huppés?

Compliqué, oui et non, car on a des critères bien précis de recrutement. L’aspect athlétique passe en dernier, on n’en tient pas compte. On regarde d’abord l’intelligence et la qualité technique du joueur, mais aussi l’état d’esprit. Tout joueur qui entre au centre de formation passe en entretien avec moi et son profil doit être validé par les techniciens, qui sont au cœur du projet. Ce sont des critères qui nous appartiennent, je ne dis pas qu’ils sont bons. On a aussi de la chance d’être très bien situé géographiquement et on ne recrute pas à plus de 200 kilomètres de Reims.

Ces critères de recrutement bien précis doivent-ils permettre d’inculquer un style « Stade de Reims » au sein des équipes de jeunes ?

On veut tendre vers ça, mais c’est très difficile. On y travaille tous les jours, c’est un travail de longue haleine. On souhaite bien sûr avoir la possession du ballon, agir quand on a le ballon avec une équipe enthousiaste, dynamique et généreuse, avec un jeu sur les côtés performant. Mais derrière ces quelques mots, il y a énormément de travail (rire).

Ce style de jeu doit-il être le même celui pratiqué par l’équipe première ?

Jusqu’à l’équipe première, c’est difficile, car elle est dépendante du coach. Je suis un directeur de centre de formation chanceux, car je peux échanger régulièrement avec Olivier Guégan, l’entraîneur des pros. Mais il a des exigences de résultat tous les samedis, les données du haut niveau sont différentes que celles chez les jeunes.

Depuis quelques temps, de plus en plus de joueurs formés au club sont d’ailleurs intégrés à l’équipe première…

Je vais répondre de façon très pragmatique : c’est une fierté mais on est là pour ça (rires). Ce n’est pas facile de lancer des jeunes en Ligue 1. On est très content quand ça arrive, surtout là en début de saison, c’est assez rare. Les garçon se révèlent généralement un peu plus tard dans la saison, quand le coach a déjà donné sa chance aux joueurs de son effectif. Mais là les « petits » ont déjà du temps de jeu donc c’est quelque chose qu’ils doivent exploiter, comme ils ont pu le faire le week-end dernier à Bordeaux. Pour Grejohn (Kyei), ça fait déjà un an qu’il s’entraîne avec les pros, on s’y attendait. Pour Jordan (Siebatcheu), on ne le voyait peut-être pas s’imposer aussi rapidement mais là il a vient de marquer deux fois, en amical et en L1. Mais on leur souhaite de se faire une place et de durer, car c’est ça le plus important quand même.

Malgré tout, Reims n’est que 28e sur 36 au classement des centre de formation publié par la FFF en juin…

C’est normal. Il faut souligner que nous ne disposons de notre nouveau centre de formation que depuis deux ans. Pour ce classement, ce sont des critères d’efficacité qu’on va remplir petit à petit. Il y a d’abord la stabilité des éducateurs, qui sont tous sous contrat pour quelques années avec nous, donc il n’y a pas de soucis. Le nombre de jeunes formés au club et évoluant en équipe première compte aussi, on va récupérer des points à ce niveau également. Même chose pour les sélections nationales jeunes, que côtoient certains joueurs de chez nous. Le dernier critère c’est la scolarité, et sur les 18 candidats présentés cette année, 17 ont eu le bac. On va progressivement gagner des points, mais c’est tout à fait logique qu’on commence en bas. En sachant que les résultats ne rentrant pas en compte, donc notre finale de Gambardella ou notre titre de champion de France U19 ne nous rapportent rien. Sincèrement, ce qui m’intéresse c’est plutôt de fournir régulièrement des joueurs à l’équipe première et bien figurer dans les Championnats nationaux. Mais si on remplit tous les critères, on gagnera des places au classement.

Ce nouveau centre de formation doit-il permettre au club d’entrer dans une nouvelle ère selon vous ?

C’est incomparable à ce qu’on avait avant. On avait juste un synthétique qui ressemblait plus à un parking pour s’entraîner jusqu’alors et tout était disséminé sur six lieux : la réserve s’entraînait à un endroit, les U19 et les U17 à un autre, les U15 et les U14 ailleurs, les jeunes du centre étaient hébergés encore ailleurs et on jouait nos matches sur un autre terrain ' Donc en terme d’organisation c’était vraiment très problématique. Depuis deux ans a la chance de pouvoir avoir tous les jeunes au même endroit au centre de formation. Mais à l’époque le club était en National ou en L2 et n’avait pas les moyens d’avoir l’outil de travail que nous avons aujourd’hui. Il a investi 8 millions d’euros pour construire ce centre d’entraînement. Il faut mettre en avant la prise de décision du président d’investir sur ce centre et la formation. Sans ça, c’est difficile d’avancer et d’être efficace.

Propos recueillis par F.S

Source : Footu21



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