Kader Ferhaoui : "L'ASSE m'a marquée"

On ne présente plus Kader, milieu de terrain enthousiasmant lors de l?époque bénie du Montpellier Hérault. Après avoir prolongé le plaisir au niveau amateur et endossé le costume de superviseur, il revient désormais à la source. Devenu éducateur des benjamins au MHSC, Kader Ferhaoui transmet, mais, apprend également.

Tes activités
Je m?occupe depuis six mois de l?équipe benjamins excellence du MHSC. Je suis aidé par Ben et Christophe, les dirigeants. Il y a aussi trois autres équipes de benjamins au club et j?y prête attention d?autant que dans l?une d?elles évolue mon fils, Ryan.

Le poste d?éducateur
Après avoir été aussi longtemps dans le milieu du football, cette fonction me permet de transmettre un peu tout ce que j?ai appris. Je suis devenu éducateur un peu par hasard en fait. C?est en discutant avec Loulou Nicollin que l?idée a germé.

Le contact avec les enfants
Ça se passe très bien ! Ils sont constamment en demande. Ils veulent progresser et on essaie de leur donner les bases pour ça. Ils sont très jeunes et ne connaissent pas forcément mon passé de footballeur, mais petit à petit ils commencent à m?en parler? C?est que leurs parents ont dû les mettre au courant (rires). En tout cas, j?aime être leur contact. A leur âge, ils sont éveillés et en pleine croissance, ils changent très vite? J?apprends aussi au contact des jeunes. J?ai dû me mettre à leur niveau au début, ne pas chercher à trop leur apprendre.

Les notions prônées
A cet âge, vers onze ans, ce sont encore les bases du foot. Ils jouent encore à neuf sur le terrain. On travaille donc sur la disponibilité, les bases techniques, la façon d?évoluer en collectif. On bosse surtout la technique. A cet âge, il n?y a pas besoin d?axer sur le physique. On aborde aussi un peu de tactique, mais ça reste très sommaire.

Les diplômes d?entraîneur
Je suis en plein dedans ! Je passe actuellement le BE1 au CREPS. On verra jusqu?où je suis capable d?aller. L?important est de progresser au fur et à mesure et de ne pas vouloir tout, tout de suite.

Le lien entre la Paillade et ses anciens joueurs
C?est à mon avis la force du club. Si l?on retrouve autant d?anciens joueurs au sein du club, c?est parce que le président a voulu donner une image de continuité. Une fois qu?on passe ici, on reste généralement marqué... Pour ma part, je n?ai jamais perdu le contact, surtout que je suis revenu dans la région à la fin de ma carrière.

Loulou Nicollin
Que dire de plus par rapport à ce qui a déjà été dit ou écrit sur lui ? C?est tout simplement grâce à lui qu?il y a le foot pro à Montpellier ! On ne peut pas lui enlever ça. Je l?ai connu à l?âge de 16 ans, ça commence à remonter ! On a toujours eu un rapport de président à joueur, mais cela allait parfois au-delà de ça, car c?est quelqu?un de profondément reconnaissant et humain.

Michel Mézy

Évoquer Michel, c?est forcément mettre en avant sa grande carrière de joueur puis d?entraîneur. C?était un vrai meneur d?homme, et il a d?ailleurs souvent redressé la barre quand Montpellier en avait besoin. Lui et Loulou Nicollin sont indissociables pour moi. Loulou dirige et Michel commande. Je n?oublie pas non plus Jacques Bonnet et d?autres personnages qui ont aussi marqué le club de leur empreinte. Mais le vrai numéro 1, ça reste quand même le président Nicollin.

Ton regard sur le MHSC actuel
D?après moi, l?équipe aurait pu faire mieux cette année par rapport à son effectif. Seulement il y a eu des blessures chez les cadres et là ça devient tout de suite plus dur. Les mauvais résultats sont apparus et le manque de confiance s?est installé. Le fait que Rolland Courbis ait annoncé qu?il restait l?an prochain est malgré tout une bonne chose. Comme ça, il peut dès à présent préparer son recrutement et son plan pour avoir une équipe qui tienne la route l?an prochain.



Tes débuts en pro
J?ai commencé en D2 à 17 ans. Une autre époque, une autre mentalité et d?autres joueurs (rires) ! Cela s?était plutôt bien passé, j?étais là de toute façon pour rapprendre. C?est pour cette raison que Jacques Bonnet ne m?a pas lancé d?un coup, mais par petites touches en cours de saison avec d?autres jeunes.

La génération Blanc, Ferhaoui, Passi?
Au départ, c?était simplement une bande de copains. On avait tout à apprendre, tout à découvrir. On était juste content d?être ensemble. C?était notre avantage et ce qui a fait la différence par la suite, quand l?équipe a été constituée autour de ce noyau. Il faut dire aussi qu?on était tous de la région, ce qui est moins le cas aujourd?hui dans les centres de formation. Le club faisait avec les moyens du bord de l?époque (rires)?

Ta carrière pro dans son ensemble
Bien ! A part une ou deux erreurs sur des choix personnels, je me suis fait plaisir, j?ai fait ce que j?aimais. Je me suis éclaté partout où je suis allé, donc pas de regret !

Ton plus grand moment en tant que joueur
Plusieurs en fait : la monté en D1 avec Montpellier, la coupe de France 1990, les années européennes, puis la monté en D1 avec Saint-Étienne.

Ton pire souvenir
Ma fracture de la jambe contre le Steaua Bucarest en Coupe des Coupes. Un très mauvais souvenir, mais c?est du passé.



Saint-Étienne
Un club que j?ai beaucoup apprécié et où je pense avoir laissé une trace. En tout cas, l?ASSE m?a marquée. C?est un club familial, un peu comme Montpellier. Quand j?étais làbas, j?avais sans cesse envie de tout donner pour les gens du club et le public. D?ailleurs, je suis toujours en contact avec les gens que j?ai connus là-bas ou les dirigeants du club.

Ta carrière en amateur
Oh, c?était juste histoire de prolonger un peu le plaisir ! J?ai joué deux ou trois ans en amateur au Gallia Club Lunel et dans la région stéphanoise, à chaque fois en CFA2. J?étais toujours milieu de terrain, mais là c?était surtout pour me régaler avec les copains.

Le foot actuel
C?est toujours un jeu collectif et pourtant les comportements y sont beaucoup plus individuels qu?avant. Les joueurs voient d?abord leur cas personnel avant celui de leur club. Dommage?

Ton rapport avec l?Algérie
Des liens forts puisque c?est mon pays. Je suis né à Oran. J?ai toujours de la famille là-bas. Je compte aussi une quarantaine de sélections avec l?Algérie. J?ai gagné la Coupe d?Afrique des Nations et la coupe Afrique-Asie. Ça, peu de gens le savent (rires) ! Après tous les soucis de guerres civiles que le pays a connues, le football algérien commence à revenir doucement. On manque encore un peu d?organisation et d?installations, c?est tout.

Ton avis sur l?éventuel boycott français des prochains JO
C?est délicat. Il n?y a que les athlètes qui sont censés y aller qui peuvent vraiment en parler. Il est clair que la Chine qui ne respecte pas les Droits de l?Homme et que tout cela est en contradiction avec les valeurs de l?Olympisme. Après, je ne sais pas si moi, j?y serais allé ou pas. Il faut être dans le contexte pour vraiment savoir. L?échéance s?approche, alors tout le monde en parle beaucoup, mais je crois que les fédérations vont finir par dire aux athlètes de calmer le jeu.

Tes goûts musicaux
Alors là, j?écoute un peu de tout ! Je n?ai vraiment pas d?à priori. Ça peut aller des tubes discos de Claude François au Rap qu?écoutent mes enfants.

L?avenir
On verra bien ! Je vais déjà m?atteler à passer mes diplômes et tenter d?aller le plus loin possible là-dedans. On verra si je reste ensuite avec les jeunes ou si je passe avec les seniors. Je me concentre déjà sur le présent et sur mon envie d?apprendre et de progresser.

Source : Actufoot34
La fiche de Kader Ferhaoui

Les statistiques et les pages du site www.anciensverts.com


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